UNE HISTOIRE DU THEÂTRE

Le Nom " théâtre " désigne à la fois le lieu et les pièces elles-mêmes.
Né en Grèce, en plein air, ( même s'il semble qu'en Egypte il existait déjà...)
il peut représenter des sujets comiques ou tragiques (voire les deux).
Le "drame" est le "sujet" de la pièce (tragique ou pas), d'où "auteur dramatique"
que celui-ci écrive des comédies ou des tragédies.
A l'origine il est souvent lié à la danse et au Chant.

En Grèce

Au Vème s. avant J-C il est essentiellement représenté par les tragédies d'Eschyle, Sophocle et Euripide. Il met en scènes des histoires
des dieux et des héros.

Il n'est joué que par des hommes
(certains tenant les rôles de femmes)
et avec des masques dont le but était, probablement, de faire oublier l'acteur pour
tout centrer sur le personnage représenté...

Ensuite viendront le drame satyrique (mélange tragico-comique) puis la comédie, avec essentiellement Aristophane et Ménandre.

Le théâtre d'Epidaure (Grèce)

comédie (Pompéi)

A ROME

Au début, venu par les Etrusques (L'Etrurie, région au nord de Rome) le théâtre ce sont surtout des poèmes chantés, voire dansés.

Avec l'apport de la Grèce ce seront alors
des pastiches des auteurs grecs.
Les plus grands auteurs de cette époque sont
Plaute et Térence (IIIème-IIème s. avt. J-C)

Puis développement du théâtre de rue avec
"les histrions" (acteurs professionnels).
Les saynettes ou véritables pièces sont le plus souvent des farces, plus ou moins licencieuses.
On abandonne, peu à peu, le masque qui sera remplacé par le grimage (maquillage).
Le théâtre accompagne régulièrement
les spectacles de gladiateurs (et autres)
dans les arènes, mais on bâtit aussi
de véritables théâtres.

Avec la religion chrétienne ce théâtre, jugé païen et immoral, est condamné par l'Eglise
et les acteurs seront excommuniés... (Cette sanction ne sera levée qu'en 1922 ! )

Ci-dessous le théâtre d'Orange (France)


Du MOYEN-ÂGE au XVIème s.

Après les "invasions barbares" et le retour à une chétiennetée stabilisée le théâtre reviendra,
de nouveau par la religion, dans les églises, puis sur les parvis de celles-ci ("Les Mystères",
à sujet religieux) et enfin sur les places publiques où seront aussi bientôt jouées des farces
(telle celle de "Maître Pathelin"), plus tard dans des lieux couverts.
C'est aussi le moment où des femmes (souvent celles des comédiens) apparaissent en scène.

En Angleterre le théâtre, essentiellement populaire, raconte les histoires de l'ancienne Angleterre. Le problable plus grand dramaturge de tous les temps, William Shakespeare , fait jouer des tragédies et tragi-comédies historiques avec sa libre interprétation de l'Histoire
(Hamlet, Macbeth, Roméo et Juliette, Le songe d'une nuit d'été, Coriolan, . ...).

On construit les premiers grands théâtres couverts (Le Globe) ou fermés.

En Italie on redécouvre le théâtre antique puis on le réinvente avec des personnages,
au départ très dramatiques qui vont évoluer vers le burlesque avec la "Commedia dell'Arte"
où, sur une trame donnée, on improvise le spectacle... avant qu'il soit plus ou moins fixé.

Le théâtre italien se répandra en Europe, surtout en France, et évoluera
jusqu'au XVIIIème s. avec l'oeuvre de Carlo Goldoni

Le théâtre est évidemment présent dans d'autres pays européens, particulièrement
en Espagne (Lope de Vega, ...), mais c'est en France qu'il va s'épanouir
dès le début du XVIIème s.

Richelieu, ministre de Louis XIII, crée l'Académie (française) en 1634-1635 et fait édifier
un petit théâtre dans son palais. - Pour clarifier les pièces et simplifer la mise en scène
l'Académie va édicter la "règle des trois unités" qui doit régir la création théâtrale. -
Elle sera résumée par Boileau en ces termes :
« Qu'en un jour, qu'en un lieu, un seul fait accompli
Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli. »

Il sera parfois difficile aux auteurs de s'y conformer mais, même un peu maltraitée,
elle subsistera pendant de nombreuses décennies...

C'est Pierre Corneille qui va donner
le "coup de fouet" à la renaissance de la tragédie avec "Le Cid" (1637), issue de l'Histoire de la "Reconquista" en Espagne ; sa pièce elle-même inspirée par une oeuvre de Guillén de Castro.

Il sera aussi l'auteur de "Horace, Cinna, Polyeucte, ... et Le menteur (comédie)

Jean Marais (Don Gormas, père de Rodrigue "le Cid")

Don Diaz de Vivar (ou Bivar), le véritable Cid
(Burgos, Espagne)

Dans les villes on joue toujours (le plus souvent en plein air) des farces et des comédies satiriques sur l'époque ( de Desmarests, Scarron, Bergerac, ...). Molière s'en inspirera...

C'est en effet le théâtre de Molière qui domine le XVIIème s. et dont l'oeuvre, qui dépeint
les travers des hommes de son époque (toujours valables de nos jours) est connue,
à juste titre, pour faire de lui le plus célèbre des dramaturges français.
Voir sur ce même site : MOLIERE

Selon l'habitude ertaines pièces de Molière ("Le bourgeois gentilhomme", ...)
sont illustrées de musique (Lully) et de ballets.

N'oublions pas Jean Racine, auteur dramatique (et historiographe de Louis XIV)
dont les tragédies (Andromaque, Britannicus, Bérénice, Iphigénie, Phèdre, ...)
complètent l'oeuvre du trio des grands dramaturges du siècle.



Peu à peu la Comédie va remplacer le plus souvent la Tragédie.

Au XVIIIème s. de nouveaux auteurs vont se faire connaître : Regnard, Lesage et Marivaux.
Ce dernier sous une apparente légéreté d'histoires amoureuses (le marivaudage) fait une fine critique de la société du "siècle des lumières"; quelques oeuvres : "La surprise de l'amour,
le jeu de l'amour et du hasard, Les fausses confidences,, La double inconstances, ...
"

Les philosophes Rousseau, Voltaire, Diderot s'y essaient aussi avec plus ou moins de bonheur.

Quant à Beaumarchais c'est à une véritable critique de la noblesse qu'il s'attaque
avec "Le barbier de Séville et Le mariage de Figaro"(pièces un temps interdites).

Après la Révolution de 1789 de nombreux théâtres vont ouvrir, particulièrement à Paris.

XIX ème s. : Le Théâtre romantique

Les Romantiques souhaitent s'affranchir des règles "classiques", dans le fond et la forme.
Ce théâtre est fortement influencé par
"le style shakespearien".

Le "chef de file" du romantisme est
Victor Hugo. Sa pièce "Hernani" lui vaudra
la fameuse "bataille d'Hernani", dans la salle,
entre les "classiques et les modernes". --->
Ses principales oeuvres théâtrales : Cromwell, Marion Delorme, Hernani, Ruy Blas,
Le roi s'amuse, Les Burgraves, ...

 

 

Quelques autres dramaturges romantiques :
Alfred de Musset (Lorenzaccio, ...), Alfred de Vigny (Chatterton, ...),
Alexandre Dumas
(Antony, Henri III et sa Cour, Kean, ...)

Dans toute l'Europe le Romantisme s'impose aussi avec : en Allemagne (Goethe, Schilller, ...),
en Espagne (Gutteriez, Rivas, ...), en Russie (Pouchkine, ...),
mais moins en Angleterre (avec cependant Byron et Shelley).

La seconde partie du XIXème s. voit naître le "théâtre de boulevard" avec le "vaudeville" (comédie légère bâtie sur des malentendus)
dont les principaux représentants sont Labiche, Courteline et Feydeau.

A la même époque les opérettes d'Offenbach
(sur des livrets de Meilhac et Halévy).

Un peu plus tard viendront, sur des thèmes similaires, les comédies de De Flers et Cavaillet,
Tristan Bernard et Sacha Guitry.

C'est cependant aussi le moment des tragi-comédies "héroïques" d'Edmond Rostand (Cyrano de Bergerac,L'Aiglon, ...)

Le mouvement "naturalisme" veut s'opposer aux précédents avec, en France, Jules Renard (Poil de carotte - roman adapté -), Octave Mirebeau.

En Russie, Tchekov et Gorki dont les pièces réalistes mêlent à la fois la joie et la tristesse (avec une dominante dramatique).

 

Anton TCHEKOV

 

Du XXème s. à nos jours le théâtre continue d'évoluer...

Après la Guere 14-18 on note un retour à la tragédie antique "revisitée"
par Jean Cocteau, Jean Anouilh, Jean Giraudoux, ou à l'histoire chrétienne (Claudel).
Le théâtre historique et de moeurs (Montherlant et Pagnol ), la satire (Jules Romain)


Puis, c'est "l'existentialisme" (philosophie de la liberté et de la responsabilité de l'être humain)
de Sartre, Camus,..., le théâtre de l'absurde (Ionesco, Beckett) et un nouveau réalisme
(Genet, Adamov, ...) alors que perdure le "théâtre de boulevard".

L'importance du "metteur en scène" est maintenant capitale et les "expériences"
sur les oeuvres théâtrales (anciennes ou actuelles) sont multiples et, si elles sont parfois
"géniales", elles sont aussi souvent décevantes, voire pour le moins inutiles ...

De nombreux "festivals" permettent au "spectacle vivant" de toucher un public plus nombreux
et de faire ainsi partager avec beaucoup "l'art théâtral", patrimoine de l'humanité.

La Comédie Française (Paris)

Le Globe (Londres)

Théâtre , semi ouvert, reconstruit en 1996 à l'identique de celui qui avait brûlé au17ème s.


N.B. : Il est évident que le Théâtre existe auussi dans toute l'Europe, en Inde,
en Chine, au Japon, ... mais celà nécessite d'autres informations
extérieures à cette modeste étude.