JEAN COCTEAU

" Dans la vie on ne regrette que ce qu'on n'a pas fait. "

Cette citation du Maître explique bien pourquoi on l'a surnommé "un touche-à-tout de génie".
Il était avant tout un poète, mais aussi un écrivain, un dramaturge, un cinéaste et
un artiste complet, peut-être l'homme le plus éclectique de ce XXème siècle.

Il voit le jour un 5 juillet 1889 à Maisons-Laffitte (Ile de France) dans une famille aisée.
Il est le troisième enfant de la famille et le préféré de sa mère. C'est un enfant assez difficile qui se complait dans la "petite enfance".
Très jeune il se prendra de passion pour le Cirque et son atmosphère, passion qui ne le quittera plus et influencera sa vie.

Le 5 avril 1898 son père se suicide.
Cette mort va bouleverser l'enfant d'autant
plus que la famille fera tout pour l'occulter ; dans une famille bourgeoise cet acte est une tache infamante que l'on doit oublier.
Même beaucoup plus tard Jean Cocteau n'y fera que très peu d'allusions, comme s'il la refusait.

 

sa maison natale

 

C'est un élève médiocre au Collège puis Lycée Condorcet - il n'est bon qu'en Dessin, Gymnastique et Allemand (grâce à sa gouvernante allemande) - et échoue au baccalauréat ce qui lui vaudra d'être "pensionnaire" en institution.

C'est à Condorcet qu'il avait fait la connaissance de "l'élève Dargelos" qui était le modèle d'homme qu'il recherchera toute sa vie et dont
il fera un héros des "Enfants terribles".
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En 1907 la mère et le fils s'installent à Paris mais bientôt Jean prend son indépendance.
Il écrit des poèmes et fréquente le comédien Edouard de Max qui lui permet de rencontrer des célébrités tels le poète Catulle Mendès, l'écrivain Marcel Proust, le musicien Reynaldo Hahn, le poète- dramaturge Edmond Rostand,..

 

En 1909 il publie son premier recueil de poésies "La lampe d'Aladin" suivi en 1910 du
"Prince frivole". Il acquiert alors une certaine notorité dans le milieu artistico-littéraire.
La même année il s'installe, avec sa mère,
au 10 rue d'Anjou, fréquente les Ballets russes
et fait la connaissance de leur mécène Diaghilev et de leur étoile Nijinsky.
Il fait aussi la connaissance de l'auteur-comédien-cinéaste Sacha Guitry.
L'année suivante il rencontre le musicien Stravinsky et, invité par le peintre Léon Bakst, dessine les affiches pour le ballet "le spectre
de la rose
" et écrit l'argument pour
"le dieu bleu" (musique de Renaldo Hahn, chorégraphie de Michel Fokine),
toujours pour les ballets russes.
Parallèlement il continue d'écrire des poèmes
et des critiques dans diverses Revues.

1914, c'est la Guerre, Cocteau est réformé ;
il s'engage alors comme ambulancier civil.
Il fait la connaissance de l'aviateur
Roland Garros et participe avec lui
à des vols acrobatiques.
Ensuite il fréquente les artistes et écrivains de Montmarte et Montparnasse :
Picasso, Modigliani, Apollinaire, Max Jacob, Cendrars, Braque, Derain, Paul Morand, ...
En 1917 il crée le spectacle "Parade" (musique d'Erik Satie, chorégaphie de Léonid Massine, décors et costumes de Picasso) au Châtelet.

Cocteau en 1910 - 1912
par Frederico de Madrazo

son livret militaire

1918, il rencontre Raymond Radiguet chez qui il décèle un génie littéraire qu'il encouragera jusqu'à la mort du jeune écrivain en 1923 qui le marque profondément..
En ce temps il est aussi le porte-paroles des musiciens du Groupe des Six (Georges Auric,
Arthur Honneger , Darius Milhaud, Francis Poulenc, Louis Durey et Germaine Tailleferre).
Il continue d'écrire mais, ayant pris goût à l'opium, il traverse une passe difficile.
Il fera d'ailleurs plusieurs séjours en clinique pour désintoxication.
De cette époque datent ses romans "Le Potomak, Thomas l'imposteur", les spectacles
'les mariés de la tour Eiffel" (musique du Groupe des Six), "Le boeuf sur le toit",
divers recueils de poésie ainsi que ses pièces "Antigone", d'après Sphocle (1922) et
"Roméo et Juliette" (1924). Il collabore aussi à des créations de ballets: "Les biches, les Fâcheux".

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autoportrait